Les billets actu de la réserve

Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 15:16

Le parc est gelé à 99% de sa surface. Les seuls trous d’eau libres existant sont ceux que nous maintenons artificiellement en cassant la glace chaque matin. Les températures étant négatives nuit et jour depuis dix jours la mortalité commence à toucher en nombre les merles, Grives mauvis et musiciennes, Bécassines des marais que nous retrouvons morts sur les chemins dans notre ronde du matin.

Des espèces résistantes comme les Foulques macroule, Poules d’eau, Râles d’eau commencent aussi à être découvertes. S’ils sont encore vivants, l’état de maigreur est souvent important. Ayant puisé déjà dans leurs réserves musculaires, il est difficile de les sauver. Il faut d’abord les réhydrater avec de l’eau sucrée et ensuite espérer qu’ils se nourrissent. Les gaver peut les aider mais aussi provoquer un stress sur des oiseaux déjà très affaiblis. Chaque nuit où les températures sont descendues à -13°C, les oiseaux doivent réguler, puiser encore plus sur leur capital énergétique. La nuit sera aussi le passage des prédateurs comme les renards qui trouvent abondance de proies sous forme de cadavres ou d’oiseaux affaiblis. Ces traces sont sur l’ensemble des plans d’eau gelés.

Curieusement malgré la masse de blé (consommé avidement les premiers jours) déposé sur les trous d’eau, les oiseaux finissent par ne plus manger et restent immobiles sur la glace le bec dans les plumes du dos. Ce même phénomène fut constaté les trois dernières années quand la vague froid a duré plus de 10 jours ! Limitation du transit intestinal, inertie à l’extrême… ?

Philippe Carruette, Responsable pédagogique


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Nourrissage d'un Courlis cendré

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Foulque macroule reccueillie et soignée

NH_20120210_1.jpg Estuaire de la baie de Somme

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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 14:44

Depuis bientôt une semaine le parc est sous la neige et la glace. Des ambiances sublimes se découvrent chaque matin quand le soleil se reflète dans la lumière de la neige... Revers de la médaille "esthétique", les plans d’eau sont gelés à 99% !

Avec plus de 10 centimètres d’épaisseur la glace supporte allégrement notre poids... et celui des sacs de blé pour apporter une aide de nourriture aux oiseaux granivores. Bécassines des marais, Bécasses des bois, Râles d’eau et Poules d’eau sont les premiers à souffrir du sol gelé ne permettant pas à ces oiseaux terrestres de se nourrir. Il est indispensable ainsi de casser la glace au bord des fossés. 16 Spatules blanches résistent tant bien que mal. L’impact sur la population hivernante d’Aigrettes garzettes risque d’être fort. Dimanche matin, 50 Cigognes blanches étaient présentes (dont 3 baguées de Belgique, 3 des Pays-Bas) ainsi que les trois Grues cendrées sur le dernier trou d’eau maintenu sur le début du parcours. Cela a valu un joli reportage en musique de Benoît Henrion en fin de journal de FR3 Picardie ce dimanche soir...

Philippe Carruette, responsable pédagogique

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Photos : Nathanaël Herrmann


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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 16:07

Les travaux actuellement entrepris sur le début du parcours vont permettre d’augmenter la surface des bas-marais d’eau et d’y inclure les fossés en cours de comblement. A terme l’eau va atteindre le pied de la dune naturelle comme le faisait autrefois la mer avant la construction du polder endigué.

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Les buttes de sable issues du creusement des plans d’eau en 1970 seront évacuées hors du site. La clôture sera intégrée dans la pinède. Les berges vont être re-profilées en pente douce permettant le développement d’une riche végétation aquatique. A terme cela permettra une plus grande diversité d’oiseaux notamment en migration et en période de reproduction (petits échassiers, aigrettes…) et l’installation de plantes pionnières (Sagine noueuse, parnassie, gnaphale…).

Ces travaux nécessaires à la diversité animale et végétale se termineront fin janvier.

Merci de votre compréhension pour les dérangements occasionnés cet hiver.

Equipe du Parc du Marquenterre

Tag : Gestion des milieux


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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 12:01

« Occasionnellement, je vous proposerai d'écrire un petit texte dédié à la photo. Pour commencer, une question qui nous est souvent posée, quel grossissement pour photographier les oiseaux... »

 

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Laurent Zagni, guide naturaliste illustrateur

Le Parc n'est pas vraiment aménagé pour la photographie mais plutôt pour l'observation. Toutefois, les possibilités de photo sont nombreuses (il n'y a qu'à faire défiler toutes les pages de ce blog !!).


Les caractéristiques clé d'un objectif (ex:300mm f/5.6)

 - la focale indique le grossissement de l'objectif (en mm)
- l'ouverture indique la luminosité de l'objectif (exprimée avec un "f")

Le 50mm étant l'équivalent de la vision humaine, le 300mm aurait ainsi une multiplication de 6x. Les jumelles proposent souvent des grossissements de 8 à 10x. Les longues-vues utilisées par les guides grossissent jusqu'à 20, voir 50x d'où de nombreux ornithologues qui se sont mis à la digiscopie (appareil photo posé sur la longue-vue). Le grossissement minimum pour la photo semble être x10.

 

A quelle optique correspond un grossissement x10 ?

Nos anciennes pellicules photo standards avaient un format de 24x36mm. Ainsi un aggrandissement x4 (taille carte postale) donnait une taille de 10x15 cm. Le grossissement idéal de 10 nous amène donc à un objectif de 500mm (50mmx10) pour un budget allant de 4 à 12 000 € !!!

Ces standards ont changé (ouf !!!) depuis l'avènement de la photo numérique (excepté boitiers pro). Les pellicules ont été remplacées par le capteur qui convertit le rayonnement des lumières en données numériques. Le capteur étant coûteux à la fabrication, les marques ont proposé des tailles non conventionnelles, plus petites.

Exemple : le boitier Canon 60D de taille de capteur 14.9x22.3mm est 1.61x plus petit que le 24x36mm (36/22.3) ; le Nikon D5100 de taille de capteur 15.6x23.6 est 1.53x plus petit que le 24x36.

Ce changement de taille de capteur se répercute sur le grossissement de l'objectif. Un 50mm devient alors un 80.50 mm pour le 60D (x1.61). Un 300mm prendra la valeure de 459mm pour le D5100. Cette multiplication est avantageuse pour la photo animalière.

Ainsi dans ce nouveau standard qui représente la majorité des achats, un objectif de 300mm (en réel 483mm pour le 60D) semble être l'optique minimum. 480/50 = 9.66 qui se rapproche des 10x.

Si votre matériel le permet vous pouvez même y ajouter un multiplicateur de focale (accessoire intercalé entre le boitier et l'objectif) x1.4 x1.7 ou x2. Mais attention de ne pas en abuser... la qualité est fatalement dégradée et la luminosité amoindrie.

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Gallinule poule d'eau, hiver dernier - Nathanaël Herrmann (300F4 + multiplicateur 1.4x)

 

En pratique sur le Parc

Les très gros objectifs (500F4...) ne passent pas dans les ouvertures des postes d'observation, préférez donc des optiques plus modestes au diamètre maximum de 15 cm (taille du pare-soleil). Le trépied n'est pas utile (outre pour le confort) si les lumières sont suffisantes. N'ôtez jamais le pare-soleil qui protège l'optique des reflets. L'objectif ne doit pas dépasser les ouvertures du poste d'observation pour éviter tout dérangement.

Nathanaël Herrmann

 

 


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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 11:19

La sécheresse printanière n'a pas favorisé le développement des herbiers (potamots, renouées aquatiques...) sur le parc. Cela s'est ressenti par effet de chaîne... alimentaire sur les stationnements d'oiseaux herbivores comme les Foulques macroules, avec un effectif hivernant ne dépassant guère 250 individus. Cela nous a permis de voir à plusieurs reprises des foulques grimper  sur les argousiers pour en manger les baies. Ce comportement est commun chez les Poules d'eau mais c'est une première pour des oiseaux dont les pattes tri-lobées ne sont pas vraiment adaptées pour l'escalade !

La photo ci-dessous est dans ce contexte. La foulque peut se nourrir quelque peu d'invertébrés mais son régime est à dominance herbivore. Faute de mieux un crabe vert compensera... et puis on est en période de fêtes tout de même !
Philippe Carruette, Responsable pédogique

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Tag : Actu nature


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