Lundi 15 juin 2009
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Bonjour ! Cela faisait longtemps que je n'avais posté de nouvelles de mon périple. Le travail n‘a pas manqué. L'été austral touche à sa fin, les prémices de l'hiver commencent à se faire ressentir.
Les oiseaux, eux, pour leur majorité, finissent leur reproduction et partirons passer l'hiver loin des côtes de kerguelen...
Lire la suite du courrier…
D'autres espèces, au contraire, arrivent tout juste et profiterons de l'absence de concurrence, liée à la désertion hivernale pour se reproduire durant ces mois difficiles. Ils ne vont tout de
même pas laisser les ornithologues sans travail ! Ajoutons à cela, les grandes espèces, qui élèvent leurs poussins pendant presque une année, et cela fera une compagnie variée et agréable pour
passer l'hiver. Ainsi, Manchots royaux, Grands Albatros et autres Pétrels gris occuperont les courtes et froides journées d'hiver. Laissez moi désormais vous parler un peu du Manchot royal.
Etonnant oiseaux qui s'est "transformé" au fil du temps en un véritable as de la plongée. Beaucoup font la confusion avec les pingouins, car les anglais nomment les manchots « pinguin ». Il n'y
a rien à voir cela dit entre les pingouins, de la famille des alcidés, vivant dans l'hémisphère nord, sachant voler, nichant pour certains en Bretagne ; et les manchots, de la famille des
sphénicidés. Les manchots se rencontrent uniquement dans l'hémisphère sud, sont inapte au vol mais très bien adaptés à la plongée. Ces derniers plongent pour se nourrir à des profondeurs
moyennes de 120 mètres. Il n'est pas rare cependant de les voir dépasser les 400 mètres de profondeur. Leur capacité respiratoire est évidement également exceptionnelle, les apnées pouvant
dépasser les 8 minutes.
Ma mission ici m’a permis de travailler sur cette espèce passionnante, j’ai d'ailleurs passé 5 semaines à observer la colonie de Ratmanoff, à l'extrême Est de l'archipel de Kerguelen. Les
programmes du CNRS de Chizé, visent, entre autre, à étudier le succès reproducteur des prédateurs marins ainsi que la répartition en mer de ces derniers. J'ai ainsi, pendant plus d'un mois,
pesé des manchots et suivi leurs allers et retours sur la colonie. Leurs poussins seront quand à eux, suivis durant tout l'hiver afin d'étudier leur réponse aux conditions hivernales.
Trêve de bavardage, je ne suis pas spécialiste de la photo animalière, mais les sujets photographiés suffisent, même sans talents, à illustrer bien plus que n’importe quel mot la splendeur de
ces scènes de vie qui furent mon quotidien pendant plus d’un mois. Olivier GORE, détaché du Parc du Marquenterre, aux Kerguelen.
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