Les eupatoires chanvrines dont les feuilles ressemblent à celle de cette plante qui porte un nom de latin connu de tous... sont en pleine explosion florale. Des centaines d'abeilles, de papillons et autres insectes en profitent pour en déguster le pollen. Des lestes verts et sympétrums striés et sanguins se reposent volontiers sur les bouquets pourpres.
Un peu plus loin, on entend de petits croassements venant des buissons d'argousiers. Les rainettes arboricoles y estivent. Les jeunes rainettes de l'année mesurant 1 petit centimètre se reposent plus volontiers sur les rumex, massettes et autres grandes herbes aquatiques.
De haut en bas : Sympétrum sanguin, Agrions élégants en coeur, Anax empereur pondant, Vulcain sur eupatoire, 2 photos de rainettes, citron sur eupatoire, écaille chinée (merci à Bertrand Boudaillier, Guy Sadet, Robert Ghevaert)
Avec déjà quelques milliers de kilomètres dans les ailes, les limicoles nicheurs provenant de l'Europe du nord font un arrêt en baie de Somme. Les vasières découvertes par la mer offrent à ces petits échassiers fatigués de nouvelles ressources grâce à l'abondance des vers de vase et des coquillages. Lorsque la lune et le soleil combinent leur force d'attraction, les hauteurs des marées augmentent considérablement, recouvrant l'estuaire. Les oiseaux des rivages quittent alors la baie pour se reposer en grandes bandes sur des zones terrestres intérieures. Ci-dessous les huîtriers-pies photographiés du poste 5, puis les courlis cendrés du poste 7.
Quelques derniers limicoles ayant ajourné leur nidification (cause de prédation...) "maternent" encore leur tout jeune pulli. C'est le cas du Petit Gravelot dont Bernard Claessens nous rapporte cette photo :
Les premiers mouvements de passereaux, rapaces, grandes aigrettes... sont observés.
Outre son physique "inédit", la spatule blanche est une espèce passionnante à étudier ou plus simplement à observer de par ses comportements sociaux. En juillet, les jeunes spatules se retrouvent au côté des adultes pour profiter de leur expérience et leur réclamer de la nourriture. Une centaine d'individus se retrouvent ensemble.
Chaque soir, les aigrettes, grands cormorans... se donnent rendez-vous au Parc pour y improviser un dortoir. Plus à l'intérieur des terres, ce sont les corbeaux freux qui s'invitent aux sommets des peuplerais pour dormir.
Les couples d'oies accompagnés de leurs oisons maintenaient jusqu'à présent une distance territoriale. Ils se retrouvent en groupe, par affinité. Ce même groupe constitué pour la vie, se confrontera en novembre à un voyage périlleux, surtout pour les jeunes adultes.
Les cigognes blanches ou noires et autres voiliers (rapaces...) peuvent être observés ensemble, profitant des thermiques ascendantes. Les ailes bien en éventail, les planeurs sont portés en altitude. Ils se laissent ensuite glisser plein sud jusqu'au prochain "courant d'air". Un bilan carbone quasi nul pour plus d'un milliers de km !
Merci Benoit Henrion pour les photos (de haut en bas : spatules blanches, oies cendrées, cigognes blanches et chevaux Henson, Echasse blanche).
Les jeunes spatules se nourrissent en compagnie des adultes qui connaissent bien les zones où les proies sont abondantes. Le bec particulier des spatules leur permet d'effectuer des mouvements latéraux amples et d'attraper de petites proies. De temps en temps, lorsque l'opportunité est là, les spatules ne rechignent pas devant un poisson, bien au contraire ! Le nourrissage s'intensifie en soirée et se prolonge toute la nuit. On retrouve les spatules le lendemain matin faisant la "grâce matinée"...
Guy Sadet (merci pour les photos) nous rapporte ce reportage de pêche collective des spatules aux trousses d'anguilles !
La libellule déprimée est assez commune et facilement reconnaissable. Le mâle a un abdomen très plat et d'un bleu métallique.
Cette espèce est assez volumineuse mais insignifiante à côté du fossile Méganeura monyi (à l'aspect de libellule) d'un mètre de longueur retrouvé notamment dans l'Allier.
Le système de respiration (trachéal) des insectes leur impose une taille maximale limite, Méganeura reste pour l'instant aux yeux de la science énigmatique quant à sa taille...
On peut facilement percevoir le mouvement d'abdomen de la libellule déprimée, permettant d'évacuer l'air vicié.
Merci à Bertrand Boudaillier pour les photos.